Fashion Victim

Fashion Victim

13-18 ans - 8 pages, 678 mots | 7 minutes de lecture
© Éditions du Pourquoi pas, 2025, pour la 1ère édition - tous droits réservés

Fashion Victim

13-18 ans - 7 minutes

Fashion Victim

Dans le bruit entêtant des machines, une jeune adolescente, ouvrière textile coud sans relâche. Chaque point, chaque ourlet, chaque poche devient battement. Un jour, elle se fabrique en cachette un espoir cousu main pour la relier au monde. 

À lire en vis-à-vis avec Sous toutes les coutures pour provoquer la prise de conscience et le débat autour de la surconsommation et le travail des enfants.

"Fashion Victim" vous est proposé à la lecture version illustrée, ou à écouter en version audio racontée par des conteurs et conteuses. En bonus, grâce à notre module de lecture, nous vous proposons pour cette histoire comme pour l’ensemble des contes et histoires une aide à la lecture ainsi que des outils pour une version adaptée aux enfants dyslexiques.
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Extrait du livre Fashion Victim

Fashion victim de Marie Colot et Gin aux éditions du Pourquoi Pas


Fashion victim
Ma vie est une bobine de fil qui tourne à une vitesse infernale. Réduite à des mètres et des mètres de coutures et d'ourlets. Invisibles. Je viens ici depuis des mois. Du matin au soir. Tous les jours. Pas d’autre choix.
On est des dizaines. Petites fourmis au milieu des rats. On fabrique des milliers de pièces qui s’empilent sous les néons froids. Au-dessus de nos têtes, pas de soleil. Le ciel est toujours couvert. Des nuages de plâtre grisâtres, des fissures comme des éclairs tristes. Parfois, le plafond pleut. Quelques gouttes sur mes cheveux noirs. Jamais sur mes joues. Je n’ai pas le temps de pleurer. Mon pied sur la pédale impose le rythme. Tac tac tac tac tac tac tac tac tactacatactac. Rien qu’à l’oreille, je sais que j’avance à la bonne cadence. Tac tac tac tac tac tac tac tac tactacatactac. D’un poste de travail à l’autre, la partition est identique. La symphonie pressée des machines ne cesse pas. Souvent, j’ai l’impression que l’aiguille pique mon crâne. Qu’elle y creuse un trou, de plus en plus profond. Qu’il me transperce de haut en bas, me vide de mes espoirs. Malgré tout, je reste concentrée. Mes doigts accompagnent le tissu, le tendent pour éviter les accrocs. Répéter les gestes, sans ralentir ni se tromper. Tac tac tac tac tac tac tac tac tactacatactac. Ne pas réfléchir. Tenir l’allure effrénée. Chaque minute est comptée. Le temps, c’est de l’argent. Surtout pour les autres.