Extrait du livre Et si l'on s'aime
Et si l'on s'aime de Cathy Ytak et Joséphine Forme aux éditions du Pourquoi Pas
Et si l'on s'aime
— Tu viens Bilal ? Je t’aide, si tu veux ! Ta voix, Mélina. Solide et rassurante. Et moi qui tremble. Sans attendre tu saisis mes mains et les serres dans les tiennes. Tu devines ma peur de l’eau, et cette barque qui tangue... Derrière moi, Tiago, Linh et Noam rigolent : — Qu’est-ce que tu crains, Bilal ? Tu ne sais pas nager ?
Tu les fais taire, Mélina, et tu ne me lâches pas le temps que je monte et m’installe. Je te remercie d’un geste, en silence. L’îlot sur la rivière est un monde minuscule. Il n’appartient qu’à vous, habitants de la ville qui êtes nés sur cette rive. En son centre, entourée d’herbes folles, une maison abandonnée abrite des chats errants que vos cris terrorisent. Pour moi qui suis arrivé au collège au début de l’hiver, c’est un honneur, et une chance, d’être invité à me joindre à vous aujourd’hui. Sans façon, tu m’entraînes dans vos jeux. Lorsque nous rentrons, je cherche ta main pour la barque. Tu me souris. Mes pensées, tes pensées... Nos pensées qui s’entrecroisent... On y retournera bientôt. — Mélina, Bilal... Vous venez ? Quelques semaines ont passé. Noam et Tiago s’en vont en chahutant, et on ne les suit pas. Peut-être parce que, cette fois, tu t’es assise à mes côtés, Mélina. Tu me regardes, tranquille, et je n’ai plus envie de bouger. Tu me troubles. Ce n’est pas la première fois. Ce plaisir de t’avoir à côté de moi... — Tu sais, tout à l’heure, quand je t’ai prise par la taille pour t’aider à grimper le muret, je t’ai gardée dans mes bras... Un peu plus longtemps que nécessaire, comme moi le jour où je t’ai tendu les mains pour monter dans la barque. C’était chouette, non ? On pourrait recommencer sans avoir besoin d’un prétexte...






























