Le géant

Le géant

9-12 ans - 9 pages, 770 mots | 8 minutes de lecture
© Éditions du Pourquoi pas, 2023, pour la 1ère édition - tous droits réservés

Le géant

9-12 ans - 8 minutes

Le géant

Un vieil homme. Un roc. Peu rassuré, je passais quatre fois par jour devant chez lui. Un après-midi en rentrant de l’école, il y eut des crissements de pneus et des cris...

"Le géant" vous est proposé à la lecture version illustrée, ou à écouter en version audio racontée par des conteurs et conteuses. En bonus, grâce à notre module de lecture, nous vous proposons pour cette histoire comme pour l’ensemble des contes et histoires une aide à la lecture ainsi que des outils pour une version adaptée aux enfants dyslexiques.
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Raconté par Evelyne

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Extrait du livre Le géant

Le géant écrit par Mathis et illustré par Marie Le Puil Éditions du Pourquoi pas


Le géant
Je me souviens de ce vieux. Des mains énormes, aux doigts noueux et aux ongles durs pareils à des serres d’oiseau. Des cheveux qui n’avaient jamais vu de peigne. Une peau terriblement fripée et des sourcils broussailleux. Le blanc des yeux jaune, mais le regard vif. Des poils surgissant de ses oreilles comme ces herbes sur les vieux murs en pierre.
Lorsqu’il parlait, il fallait faire un effort pour le comprendre parce qu’il chiquait continuellement du tabac. Il ponctuait ses phrases en crachant de magnifiques jets de salive noire. J’avais sept ans, lui dix fois plus et faisait presque deux fois ma taille. C ’était un géant qui semblait sortir d’un livre de contes. À la récré, les grands racontaient qu’il avait un appétit d’ogre. Il engloutissait un saladier rempli de lait, d’oignons et de pommes de terre coupées en rondelles à chaque repas. Tout ça en faisant d’horribles bruits de mastication, lâchant des rots et des pets qui faisaient trembler sa maison de la cave au grenier. On le disait aussi sujet à d’épouvantables colères. Il hurlait alors des insultes abominables et cassait tout dans sa maison. Pour le calmer, sa femme devait l’assommer avec un tabouret. Je ne l’avais heureusement jamais vu en colère. Mais lorsque nos chemins se croisaient, je restais toujours à une distance respectueuse. Je disais : «Bonjour monsieur !» et il me saluait d’un hochement de tête et crachait un glaviot de la taille d’une limace. Il me fascinait. Sa maison était sur le chemin de l’école. Je passais quatre fois par jour devant chez lui. Souvent il lisait le journal, assis sur son escalier en grès rose. Ou alors il coupait ou rangeait du bois. Quand la partie haute de la porte de la grange était ouverte on pouvait être sûr de voir son chien. C’était un chien-loup à poils noirs avec des reflets bleus. Dès qu’on s’approchait, sa tête surgissait d’un coup. Debout, les pattes avant grattant la partie basse de la porte, il aboyait hargneusement, les yeux révulsés,