Extrait du livre S'unir c'est se relayer
S'unir c'est se relayer de Laurent Cardon aux éditions Père Fouettard
Plus loin, c’est une poulaillade qui interpelle les coqs. — Comme il est beau ! — Il est par-fait ! — Fais comme j’ai fait la première semaine, tu manges 10 grains de maïs toutes les heures, 20 avant de dormir et 30 au réveil. — Bois beaucoup d’eau ! — Que nous vaut ce manège ? crie Marcel. Une poule s’approche en courant. — Quelle émotion, Véronique vient d’avoir son premier œuf ! Trooop mignon ! — Bon bon, très bien, mais n’oubliez pas les vôtres !
— Et qu’est-ce qu’on a ici, nom d’une poule au pot ? crie coq Mabrouk en voyant d’autres nids abandonnés. — Ben, il est 10h15, répond une poule rousse. — 10h15... quoi 10h15 ? À écouter l’heure, des poules se dressent, affolées. — Vite, dépêchez-vous, on va rater le Pilates ! Tu viens ? — Non, dit la poule rousse, moi c’est à 13h15. Les coqs bouillonnent. — On peut savoir ce qu’il se passe ? Et d’abord c’est QUI ce PILATES ? s’égosille coq Mabrouk.
S'unir c'est se relayer
Eh bien oui, au poulailler, c’est la Grande Couvée ! Les poules le savent : 21 jours à poser leurs petites fesses plumées sur les œufs pour les maintenir bien au chaud. Ce sera long mais le climat est à la bonne humeur. Firmin, Marcel et Mabrouk, les trois coqs de la ferme, reviennent de leur tour de chant, ravis de ce qu’ils voient. — Bonjour, les filles !
L’absence de cinq poules attire soudain leur attention. — Peut-on savoir où sont passées ces dames ? demande sur un ton ferme Firmin, le coq noir. — Elles sont en pause ! répond une poule. — Comment ça, « en pause » ? — Faut bien qu’elles mangent et se dégourdissent les pattes... Ah, les voilà justement ! Les cinq poules rejoignent leur nid, un peu trop tranquillement au goût des coqs. — Eh bien, c’est la belle vie !



























