Extrait du livre S'unir c'est se mélanger
S'unir c'est se mélanger de Laurent Cardon aux éditions Père Fouettard
S'unir c'est se mélanger
Ce matin, il règne une grande agitation chez les poules blanches. Marcel, le coq blanc, a disparu.
Noémie, son épouse, est inconsolable. Elle a déjà tout compris. — C’est la belette, j’en suis sûre ! — C’est le renard, je l’ai vu rôder hier ! dit une autre poule blanche comme si c’était évident.
La nouvelle se répand très vite. Chez les poules noires, on compte et on recompte. Personne ne manque à l’appel, au grand soulagement de tout le monde.
Chez les poules rousses, ça caquette de partout. Gertrude, la poule grasse, est introuvable elle aussi.
Le Conseil des poules se réunit en urgence pour en discuter. — C’en est assez ! — C’est intolérable ! — On ne peut plus vivre comme ça ! — Il faut trouver une solution !
En colère, les poules ne tiennent plus en place. Ça caquette par-ci, ça caquette par-là, des idées par-ci, des idées par-là. — Y a qu’à monter la garde toute la nuit ! — Faut qu’on s’arme ! — Y a qu’à renforcer les grillages ! — Faut qu’on tende des pièges ! On ne s’entend plus...
Le coq noir se lève et demande la parole. Il fait un long discours ampoulé en hommage aux disparus, puis ajoute : — N’attendons pas que le renard ou la belette revienne… … Nous sommes nombreux, unissons-nous, montrons notre force et formons une armée. La meilleure défense, c’est l’attaque : mieux vaut les surprendre qu’attendre ! Il parle si bien que tout le monde approuve.


























