Extrait du livre Loupiote
Loupiote De Camille Tisserand et Catherine Latteux Éditions Père Fouettard
Ce soir-là, la jeune louve solitaire regagnait comme toujours sa tanière. Soudain elle s'arrêta net, aux aguets. Les oreilles dressées. Non loin, des gazouillis brisaient le silence de la nuit.
Son instinct la poussait à s'éloigner. Mais les gazouillis se transformèrent en cris. Alors la louve rebroussa chemin.
Posée sur le sol glacé, une petite chose s'agitait dans un linge noué. Avec son museau, la louve poussa le tissu, reniflant la peau nue...
...d'une enfant ! La jeune louve ne pouvait la laisser là dans les bois où, seule, elle mourrait de froid.
Aux abords du village, elle déposa l'enfant sur le perron d'une maison. L'enfant la regarda de ses grands yeux bleus tout ronds. Un regard si profond que la louve avait du mal à s’en détacher. Elle aurait tant voulu garder la petite humaine !
Elle allait reprendre l'enfant mais, tout à coup, de la lumière se mit à briller à l’intérieur. Aussi la bête s'enfuit, laissant l'enfant à un destin d'humain.


























