Extrait du livre L’œil du vent
L'oeil du vent de Arnaud de Buchy, Sonia Grandame et Joachim Hérissé aux éditions Le Regard Sonore
Ce matin-là, Moko et Totémie avaient emprunté une barque à un pécheur. Ils traversaient le grand lac. Totémie naviguait pour la première fois et Moko retrouvait la douceur des vagues. Ils atteignirent enfin l’autre rive.
Une plaine immense, parsemée de cultures et de champs abritait quelques villages. Tout était calme et tranquille.
C’est alors que se détacha de l’horizon une étrange colonne sombre qui se tortillait tout droit, entre ciel et terre. Le vent se leva soudain et se fit de plus en plus violent. La colonne s’approchait en tournant sur elle-même, emportant tout sur son passage. « Nous allons être arrachés comme des arbres ! Cria Totémie. » « Je connais les tornades, si c’en est une, elle saura nous protéger, dit Moko ». ils se mirent à courir en direction d’un arbre au tronc si large que rien, pensait-il, ne pouvait lui arriver. Ils s’agrippèrent aussi fort qu’ils le purent et attendirent la colonne de vent.
Celle-ci tourna d’abord autour d’eux, comme si elle hésitait un instant. Puis, semblant se décider elle fondit de toute sa puissance sur le grand arbre. Celui-ci se détacha du sol, montant comme une plume vers les nuages. Agrippés aux troncs et aux branches, Moko et Totémie voyaient le cœur de la colonne. On aurait dit un œil, au bout d’un long tunnel, qui ne s’arrêtait jamais de regarder. Mais l’œil se ferma lentement, la colonne de vent se dissipa et l’arbre revint au sol. Moko et Totémie étaient sains et saufs.
































