Extrait du livre Au temps des cerises
Au temps des cerises de France Quatromme et Elsa Oriol aux éditions Utopique
D’habitude, c’était ce jeu que Clotilde aimait tant, et que sa mère ne lui refusait jamais. Elles tournoyaient encore et encore jusqu’à ce que leurs corps vacillent au milieu des herbes hautes. Elles se tenaient très fort l’une à l’autre, comme pour ne pas s’envoler, et elles riaient. Mais aujourd’hui, si Clotilde se serre un peu trop fort contre le sein de sa mère, ça lui fait mal !
D’habitude, ses longs cheveux caressaient le visage de Clotilde quand sa mère se penchait sur elle pour l’embrasser. Mais aujourd’hui, ils tombent par mèches entières, alors que le cerisier, lui, s’effeuille tout doucement.
Au temps des cerises
– Allez, Clotilde, va donc un peu jouer dehors ! Tu aimes tellement ça, d’habitude. Mais d’habitude est déjà loin. D’habitude, c’était hier, quand l’été plein de soleil la tirait de son lit encore tout froissé de rêves.
Des heures durant, Clotilde et sa maman se promenaient, le chat Pépère à leurs trousses. Elles grimpaient tout en haut du cerisier pour y cueillir des fruits mûrs. Elles s’en faisaient des pendants d’oreilles et des pots de confiture
Si tout vacille, c’est que sa maman est malade. Elle marche comme une funambule sur le rebord du monde. Tout en bas du précipice dort le cancer au cœur de pierre. Clotilde l’a vu en rêve... Si elle le pouvait, elle le briserait à grands coups de ses bottes rouges qu’elle ne veut plus quitter.






























