Nuit blanche

Nuit blanche

6-8 ans - 24 pages, 814 mots | 10 minutes de lecture
© HongFei, 2025, pour la 1ère édition - tous droits réservés

Nuit blanche

6-8 ans - 10 minutes

Nuit blanche

Le soir d’Halloween, un petit fantôme parti à la chasse aux bonbons perd de vue sa maman et s’égare. Pour Gaspard, déguisé sous un drap, c’est le début d’une nuit blanche. Son aventure le mène de la ville à la forêt et met ses sens et émotions en éveil. Alors que le soleil couchant sublime les paysages et arrête la course des animaux sauvages, la beauté l’emporte sur les inquiétudes de la nuit qui vient. Livré à lui-même, Gaspard se dévoile peu à peu. À l’aube, il entend une voix familière : quel bonheur pour Gaspard qui, cependant, n’est plus tout à fait le même : il a grandi.

"Nuit blanche" vous est proposé à la lecture version illustrée, ou à écouter en version audio racontée par des conteurs et conteuses. En bonus, grâce à notre module de lecture, nous vous proposons pour cette histoire comme pour l’ensemble des contes et histoires une aide à la lecture ainsi que des outils pour une version adaptée aux enfants dyslexiques.
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Extrait du livre Nuit blanche

Nuti blanche de Florian Pigé aux éditions Hongfei


Nuit blanche
Cette fois, j’en suis sûr, je suis perdu. La foule se disperse, je vois des vampires ensanglantés, quelques zombies agités et un Batman renfrogné. Mais maman a disparu. Des adultes passent devant moi avec leurs enfants, l’air pressé. J’aimerais crier et leur demander s’ils n’ont pas vu ma maman, mais aucun son ne sort de ma bouche.
Un peu plus tôt, je marchais derrière elle en comptant le nombre exact de bonbons dans mes poches : 16 crocodiles, 4 sucettes dont une au coca, 3 caramels, 1 Mars et 2 chewing-gums. Ah oui ! et 2 réglisses. Mais ça ne compte pas, les réglisses. Puis, à un moment, j’ai relevé la tête et elle avait disparu, comme si elle s’était fait avaler par la foule. Je me suis faufilé à travers un groupe de sorcières, j’ai couru dans tous les sens, j’ai fait marche arrière, j’ai cru reconnaître le nom d’une rue et j’ai couru encore.
Je ne reconnais plus rien. Je ne crois pas avoir déjà vu ce papier de bonbon par terre, ni cet arbre effrayant, et je suis sûr et certain de ne jamais avoir remarqué cette énorme église. L’air se rafraîchit. Je ne suis pas à l’abri d’une mauvaise rencontre. Heureusement, mon costume peut en effrayer plus d’un ! Je vais garder mon drap blanc encore un peu. Je connais plein d’adultes qui ont toujours très peur des fantômes.
Ces noms de rues ne me disent rien. Il faut que je quitte le centre-ville. Je vais essayer de retrouver la maison tout seul. Quand on rentre de l’école en voiture, je joue à des jeux sur le téléphone de papa. Je ne regarde pas le nom des rues, la direction ou le paysage.
Maman met toujours cette chanson nulle dans la voiture : Résite ! Prouve que tu existes ! Je ne me rappelle plus de la suite… Elle la chante très fort exprès pour me déconcentrer pendant ma partie.
Il me semble qu’après l’usine il fallait tourner à gauche… ou peut-être à droite ? Je ne sais plus. Une petite phrase éclate dans ma tête, avec la voix de maman : « La nuit tous les chats sont gris. » Je ne sais pas vraiment ce que ça veut dire, mais cette phrase m’apaise. J’entends sa voix rassurante. Et puis, il y a un petit chat gris dans la phrase. C’est mignon, non ? Si je m’en sors vivant, je lui demanderais ce que ça veut dire.