>   Marion et Charles : Tap Clap Top
Marion et Charles : Tap Clap Top

Marion et Charles : Tap Clap Top

9-12 ans - 8 pages, 1937 mots | 16 minutes de lecture
© Fanny Joly Numérik, 1999, pour la 1ère édition - tous droits réservés

Marion et Charles : Tap Clap Top

9-12 ans - 16 minutes

Marion et Charles : Tap Clap Top

D’une révolution en cours d’histoire à un vélo volé en passant par la découverte d’un trésor, un concours de lasagnes, un impitoyable prof-de-maths, un réveillon à surprises ou la crise de Charles largué par sa petite amie : la vie de Marion ressemble à un feuilleton…

"Marion et Charles : Tap Clap Top" vous est proposé à la lecture version illustrée, ou à écouter en version audio racontée par des conteurs et conteuses. En bonus, grâce à notre module de lecture, nous vous proposons pour cette histoire comme pour l’ensemble des contes et histoires une aide à la lecture ainsi que des outils pour une version adaptée aux enfants dyslexiques.
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Extrait du livre Marion et Charles : Tap Clap Top

Marion et le Grrrand Charles : 12 nouvelles de Fanny Joly Illustré par Catel Edition : Fanny Joly Numerik


Histoire numéro 1 : Tap clac top Madeumoiselle, vous buvez quoi ? Et un et deux et trois et quatre... Un jus deu pamplemoussʹ rosé ? Et step et shuffle et pointer... Un grand cappuccino glacé ? Et bras en V tourner tourner... Une infusion de carcadé Et step et stomp glisser frapper... Le miroir adhésif que jʹai acheté avec mes pe-
petits sous de Noël et collé sur le mur de ma chambre, ne mʹa jamais vue danser comme ce matin. Quant au haut-parleur de mon téléphone, il nʹa jamais chanté aussi fort. Jʹai renoncé aux écouteurs, ils tombent tout le temps, ça mʹénerve et puis jʹaime que la musique, même crachouillante, envahisse lʹair ambiant et pas seulement mes tympans. TRÈS TRÈS crachouillante, la musique. Logique : je lʹai enregistrée pendant mon dernier cours de danse. Je suis à fond. Jʹadooore le nouveau projet quʹAlfredo nous fait travailler. Alfredo est mon prof de danse à lʹAcadémie Toulézar, où jʹai découvert, il y a deux mois, par hasard et grâce à Camille, quʹapprendre le dessin nʹest pas mon truc, mais apprendre la danse OUI OUI OUI ! Ce samedi-là, jour de mon premier cours, la samba était au programme. Mais Alfredo ne se limite pas au registre brésilien. Début février, il nous a fait tâter de la valse (un poil guimauve, à mon goût !). Après quoi, il nous a embarqués pour les États-Unis avec le tap dancing, autrement dit les claquettes. Il a commencé par nous montrer des morceaux choisis de films rétros (Hollywood, comédies musicales, danseurs de légende, Fred Astaire, Ginger Rogers, Gene Kelly), puis plus récents (claquetteurs-rockers, claquetteurs-rappeurs, champions de tous âges et de tous pays, unis par une agilité dʹenfer, un rythme de folie). Jʹen suis restée baba. Avec une envie chevillée aux mollets : les imiter, virevolter, swinguer, taper des pieds, tourbillonner, mʹenvoler... Et pas que moi. Tous les élèves du cours étaient au taquet, prêts à bondir. Alfredo a ouvert une malle aux trésors, pleine de chaussures à lacets avec des semelles ferrées, dans toutes les tailles. Chacun-chacune a trouvé chaussure à son pied. Même moi (pointure 35, ça ne court pas les rues, passé lʹécole primaire, pourtant). Les miennes sont bicolores, noir et blanc. Un coup de bol. Il nʹy avait que deux paires bicolores dans la malle. Si jʹavais pu choisir, cʹest celles que jʹaurais prises. Je suis folle de ces shoes. Alfredo mʹa permis de les rapporter chez moi. Il mʹaime bien, on dirait. Pour une fois quʹun prof mʹapprécie, ça me donne des ailes. Serais-je douée ? Allez, peut-être un peu plus quʹen maths, mais rien dʹéblouissant. Certains élèves du cours de danse sont bien meilleurs que moi. Mais je mʹaccroche. Peut-être un peu plus que la moyenne? Peut-être quʹAlfredo sʹen aperçoit ? Exemple de ma motivation : on est samedi, il est
midi passé et, depuis 10 heures du matin, je travaille lʹenchaînement quʹon va reprendre en cours cet après-midi, musique extraite de Sur un plateau, spectacle musical dont je nʹavais jamais entendu parler. Il faut dire que jusquʹà il y a quinze jours, je ne connaissais pas grand-chose au music-hall. Madeumoiselle, vous buvez quoi ? Et un et deux et trois et quatre... Un jus deu pamplemoussʹ rosé ? Et step et shuffle et pointer... — Hééé, quʹest-ce qui se passe ici ? La porte de ma chambre sʹouvre dʹun coup, genre porte de saloon sous la botte dʹun cow-boy vénère. En lʹoccurrence, le cow-boy sʹappelle Charles. Damned ! Un grand cappuccino glacé ? chante mon téléphone, tout seul. Je cesse de danser. Jʹéteins le haut-parleur. — Tu tʹentraînes pour le championnat du monde des débiles en chaussures de Mickey ? — DÉGAGE ! je grogne. Et ne me dis pas que je te dérange alors que tʹétais en train de bosser : tu viens de rentrer ! Motivée, mais pas maso : avant dʹattaquer ma répète, je me suis assurée que mon frère ne traînait pas dans les parages, cʹest le B.A. BA. — Ouais sauf que là, jʹai lʹintention de me reposer figure-toi ! — De quoi ? Dʹavoir trop fait la teuf ? Il me toise du haut de sa hauteur, dʹun air mystérieux et important, tout ce que je déteste. — Ha haaa ! Si on te le demande, tu diras que tu sais pas, petite ! — Ne mʹappelle pas PETITE ! je hurle de ma plus GROSSE voix. Je te demande rien, ni ce que tʹas fait hier, ni ce que tu feras demain, tout ce que je veux, cʹest que tu me laisses tranquille, OKÉÉÉ ? Mes hurlements semblent lui faire autant dʹeffet quʹune piqûre de guêpe à un mur de béton. Il sʹassied dans mon fauteuil, la mine gourmande. — Tu répètes encore un de tes numéros de danse