Extrait du livre Les vacances du A
Les vacances du A d'Arnaud Bassez et Stéphane Censi aux éditions Chemins de traverse
Par un matin tranquille, la lettre A se leva de fort mauvaise humeur. Elle avait mal dormi dans son abécédaire en bois. Trop de mots l’avaient utilisée.
Elle était épuisée et voulut prendre quelque repos. « Des vacances. C'est cela qu’il me faut. Qu’ils se débrouillent sans moi, après tout ! »
Et la lettre A fit une valise, ferma la porte de chez elle et partit. Les mots étaient bien embarrassés : sans cette première lettre, comment faire ?
Le A, volage, ne voulait plus se coller aux mots. L’alpha-bet se trouvait bête. L'a-mitié se trouvait mitée. L’à-coup sûr ne l’était plus. L'abat-jour préférait la nuit.
L‘à-tes souhaits n’exauçait rien. L'a-bréviation devenait très brève. Quant à l’a-bracadabra, il ne pouvait plus se dire.
La lettre Z fit le tour de ses amies les autres lettres. Le B ne voulait pas assurer le rôle de première lettre. Le O se proposa mais on lui refusa ce titre. « Ton cousin le zéro occupe déjà la première place chez les chiffres. Vous n’allez pas tout prendre quand même ! ». Le Q, frère du O, n’osa se proposer. On lui aurait refusé également cette première place.























