Les insectes

Les insectes

6-8 ans - 23 pages, 2689 mots | 21 minutes de lecture
© Éditions du Ricochet, 2020, pour la 1ère édition - tous droits réservés

Les insectes

Les insectes

En les voyant, certains prennent leurs jambes à leur cou, d’autres leurs microscopes ! Les insectes sont une source d’inspiration et d’information pour les scientifiques... alors devenons tout petits et observons-les!

Les 21 insectes choisis par Claire Lecœuvre portent chacun un message fort par rapport à la compréhension du monde du vivant : le pique-brune est un indicateur de l’état des forêts, le carabe doré réjouit les jardiniers, la perle est signe de propreté des eaux de rivière...

"Les insectes" vous est proposé à la lecture version illustrée, ou à écouter en version audio racontée par des conteurs et conteuses. En bonus, grâce à notre module de lecture, nous vous proposons pour cette histoire comme pour l’ensemble des contes et histoires une aide à la lecture ainsi que des outils pour une version adaptée aux enfants dyslexiques.
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Extrait du livre Les insectes

Les insectes de Claire Lecœuvre et Capucine Mazille aux éditions du Ricochet


Les insectes
1. La Déesse précieuse. On la croyait disparue ! Pour la voir, il faut se baisser, et surtout ouvrir grand les yeux. C’est qu’elle est vraiment minuscule, cette Déesse précieuse. Deux fois plus petite que toutes les autres ! En France, elle est en danger d’extinction ! Comme elle ne vole presque pas, elle ne peut pas quitter sa tourbière, son marais… que pourtant, on continue d’assécher. On connaît le vol près de l’eau des libellules, belles valseuses. On sait moins qu’à la belle saison, la larve est une vraie chasseuse. Son repas ? Des têtards de crapauds ! Elle en mange et mange énormément. Puis elle va grimper sur une tige pour lentement se transformer. Bien accrochée, elle laisse derrière elle son ancienne peau : l’exuvie.
2. Le Scarabée pique-prune. Un allié des forêts. Les vieux arbres cachent sous leur écorce des trésors merveilleux. Pas de fées ici, mais un animal discret qui aime l’obscurité : le pique-prune ! Odeurs de cuir, de prune… Les effluves qu’il émet lui ont donné son nom. Ses arômes sont si profonds qu’ils parviennent même à notre nez d’humain, tandis que ses femelles, elles, se ruent sur ce parfum. Le bois mort empli de moisissures est pour sa larve une délicieuse nourriture. Mais les vieilles forêts où l’on peut le trouver ne cessent de diminuer ou d’être trop nettoyées, si bien que sa présence indique le bon état des forêts. Comme lui, d’autres insectes des forêts méritent d’être protégés. La Rosalie des Alpes, dans sa robe bleue et noire, apprécie les vieux hêtres mais devient dure à voir. Le Lucane cerf-volant, si drôle à observer avec ses cornes immenses, n’est, lui, pas encore protégé par la loi.
3. La Fourmi acacia. Une relation fusionnelle toute particulière. Au Mexique, des fourmis vivent cachées dans les acacias. La reine creuse un trou dans les épines, elle y installe sa colonie. L’arbre devient son territoire, et les fourmis le protègent avec ardeur. Leur venin est si puissant qu’une piqûre suffit à faire fuir tous les prédateurs. Elles coupent même les lianes qui étranglent l’arbre et les envoient... par-dessus bord ! Les fourmis sont fort bien logées, car l’acacia produit un bon nectar sucré. Il fabrique même pour elles des corps spéciaux : des petites boules jaunes pleines d’éléments vitaux. Quels bons amis, les acacias et leurs fourmis !
4. La perle. Le joyau des rivières. Une jolie perle dort sur une pierre, tout près d’une rivière. Peut-être qu’à la tombée de la nuit, ouvrant ses ailes nervurées, elle partira pour s’accoupler. C’est sa tête toute ronde qui lui a valu son nom. Mais la perle est un insecte. Elle aime les ruisseaux de bonne qualité car sa larve vit sous l’eau fraîche et bien oxygénée. Elle peut y rester deux ans, bien cachée sous les pierres. Même adulte, elle ne s’éloigne jamais de son cours d’eau. Dès que l’eau est polluée, la perle disparaît. C’est d’ailleurs pour cela qu’on la cherche : sa présence indique le bon état des ruisseaux.
5. L’abeille coupeuse de feuilles. L’amoureuse des rosiers. On les connaît bien, les abeilles. Elles butinent de fleur en fleur pour fabriquer du miel. Elles aident ainsi à transporter le pollen, et grâce à elles, les plantes se reproduisent et se multiplient. On croit les connaître, les abeilles. Pourtant, la plupart ne vivent pas dans des ruches. Elles vont et viennent, solitaires… L’une d’entre elles laisse de drôles de traces sur les feuilles des rosiers ou sur les prunelliers. Elle coupe des petits ronds partout où elle passe ! Puis, elle les roule comme un cigare et hop ! s’en fait un petit nid au creux d’anciennes galeries. Elle dépose pollen et nectar, avant d’y pondre un œuf unique. Un peu de terre pour cimenter le tout, et voilà un bébé bien protégé !
6. Le Ver luisant. Une lumière dans la nuit. Des points scintillent au cœur de la nuit noire. On croirait voir des fées qui s’affolent. Ce sont les lampyres, cousins des lucioles ! Ce nom veut dire briller, évidemment. On les appelle aussi les vers luisants. Mais ils n’ont rien de vers, ce sont des coléoptères. Le jour, ils restent cachés pour ne pas se faire manger. Et à la tombée de la nuit, ils font des folies ! La femelle grimpe sur une plante, haut, très haut, puis elle allume le bout de sa queue. Elle clignote plus ou moins vite pour émettre un code spécial. Si de loin, les mâles voient ces lumières et reconnaissent les bons signaux, c’est que leurs énormes yeux sont conçus pour ne pas les rater. Pour qu’aujourd’hui encore, ces couples puissent se retrouver, éteignons les lumières et préservons l’obscurité. Rien de tel qu’une sortie la nuit pour admirer leur beau ballet !
7. La Termite belliqueuse. Architecte de cathédrales. D’immenses cathédrales se dressent dans la savane. Leurs architectes ? Les Termites belliqueuses ! Quelle ardeur pour chercher dans le sol un peu d’argile qu’elles lèchent et qu’elles empilent pour créer de parfaits châteaux forts. À l’intérieur, tout est bien pensé. La chambre de la reine, au centre, est bien protégée. Derrière les murs épais, l’air passe et reste frais. Il y a même des salles où les termites cultivent des champignons ! Elles aiment aussi les plantes qui sont tombées à terre. Elles les grignotent, et leurs excréments servent alors à nourrir d’autres animaux. Grâce aux termites, le sol s’enrichit continuellement !