Extrait du livre Le renard et l'aviateur
Le renard et l'aviateur Luca Tortolini Anna Forlati Editions notari
Mais moi je ne le suis plus, à vrai dire, car j'ai connu Antoine l'aviateur. C'est arrivé il y a quelques mois, quand son avion s'est précipité derrière la forêt. Un fragment de l'avion s'est planté dans ma patte et je n'arrivais plus à marcher. Antoine aussi était en mauvaise posture à cause de cet atterrissage forcé, mais il vint à mon secours.
Il prit soin de moi. Il me banda la patte pendant que je faisais semblant d'être mort. Il avait compris et jouait le jeu. A la fin il me dit : " Maintenant, repose-toi et ne bouge pas ta patte. " Je restai immobile à l'observer.
Quand la nuit tombe, si le froid ne nous gèle pas la moustache, nous les renards, nous sortons de nos terriers pour nous dégourdir les pattes et aller à la recherche de nourriture. La journée, nous sortons peu, car il y a mille dangers. Il y a le loup et le lynx, qui nous assaillent en un éclair. Il y a l'aigle qui nous tombe dessus comme la foudre. Il y a les hommes aussi, qui nous envahissent avec leurs voitures. Ils posent des pièges écrase-pattes. A cause de tout ça, nous les renards, nous sommes toujours méfiants.
























