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Le Petit Poucet

Le Petit Poucet

13-18 ans - 8 pages, 3682 mots | 28 minutes de lecture
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Le Petit Poucet

13-18 ans - 28 minutes

Le Petit Poucet

Un bûcheron et sa femme, ne parvenant plus à nourrir leurs sept garçons, se résignent à aller les perdre en forêt. C'est sans compter sur la ruse du benjamin, Petit Poucet, qui les aidera à retrouver leur chemin et à se sauver de l'Ogre !

"Le Petit Poucet" vous est proposé à la lecture version illustrée, ou à écouter en version audio racontée par des conteurs et conteuses. En bonus, grâce à notre module de lecture, nous vous proposons pour cette histoire comme pour l’ensemble des contes et histoires une aide à la lecture ainsi que des outils pour une version adaptée aux enfants dyslexiques.
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Raconté par Thomas

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Quelle est l'histoire du Petit Poucet ?

Le Petit Poucet est une célèbre histoire française, transmise par tradition orale au cours des siècles, avant d’être reprise par Charles Perrault en 1697. Cette histoire porte le nom de son héros, qui est un garçon très malin, le plus jeune d'une fratrie de sept, nés dans une famille pauvre. Leurs parents décident donc de les abandonner dans la forêt, mais afin d’éviter cela, le Petit Poucet utilise des cailloux blancs pour retrouver le chemin de la maison. Malheureusement, cette ruse fonctionne une seule fois, mais les parents les abandonne à nouveau ; tous les frères se perdent donc et se retrouvent chez un ogre qui veut les dévorer. Mais, très intelligent, Poucet réussi à tromper l'ogre, s'échappe avec ses frères et finit par voler les bottes de sept lieues de l'ogre, devenant messager du roi et sauvant ainsi sa famille de la pauvreté !

Quelle est la fin de l'histoire du Petit Poucet ?

Lorsque les frères sont fait prisonniers par l’ogre, pour être dévorés, Poucet échange les bonnets des frères avec les couronnes des filles de l’ogre. Ils réussissent donc à s’évader de chez l’ogre, et Poucet en profite pour voler les bottes de sept lieues de l’ogre : un objet magique qui permet de parcourir de grandes distances en seulement quelques pas. Grâce à ces bottes, le cadet devient messager du roi et gagne une fortune ! 

Qui sont les personnages du Petit Poucet ?

L’histoire du Petit Poucet comporte de nombreux personnages. On y retrouve bien évidemment Poucet, le cadet de la fratrie, ainsi que ses six frères, ses parents, l’ogre et sa femme, et les filles de l’ogre. Tous les personnages apparaissent progressivement, sauf Poucet et ses frères. En effet, le début de l’histoire porte sur la famille de Poucet et après leur abandon, la fratrie rencontre l’ogre. Également, le roi est un personnage secondaire qui apparaît à la fin de l’histoire. Tous ces personnages aident à faire avancer le conte, tout en représentant l'ingéniosité face à la force brutale, la pauvreté, la peur et la résilience. 

Qui est le méchant dans Le Petit Poucet ?

Le conte du Petit Poucet n’a pas un seul méchant, comme on a l’habitude de voir dans d’autres contes de Perrault. En effet, les parents sont les premiers méchants de l’histoire, abandonnant leur propres enfants dans la forêt. Leur raison est cependant un cas désespérée, puisqu’ils sont si pauvres qu’ils n’arrivent pas à se nourrir. Cet acte cruel peut ainsi dépeindre les parents du Petit Poucet comme méchants, même si cela n’est pas au sens traditionnel. Le “vrai” méchant de l’histoire, qui répond à tous les critères des méchants de contes, c’est l'ogre. En effet, ce monstre terrifiant qui souhaite dévorer les enfants est le personnage le plus cruel et redoutable de l’histoire.  

Quelle est la morale du Petit Poucet ?

La morale du conte Le Petit Poucet souligne la valeur de l’intelligence, de la débrouillardise et du courage pour surmonter n’importe quelles situations, même désespérées. Bien que Poucet soit le plus jeune, le plus petit et le plus fragile de sa famille, il fait preuve d’ingéniosité pour sauver ses frères et améliorer la vie de sa famille. Ce conte montre ainsi que la ruse et la persévérance triomphent face à la force brute, représentée par l’ogre, et au renoncement représenté par les parents. 

Similarités entre Le Petit Poucet et Hansel et Gretel

Le conte du Petit Poucet vous semble familier ? Peut-être vous rappelle-t-il aussi l’histoire d’Hansel et Gretel, des Frères Grimm. En effet, comme de nombreux contes, tous deux trouvent leur origine dans la tradition orale, Le Petit Poucet en France, et Hansel et Gretel en Allemagne. Dans les deux histoires, les parents abandonnent leurs enfants en forêt, car ils sont très pauvres. Poucet et Hansel arrivent tous les deux à rentrer chez eux grâce à des petits cailloux blancs, mais cela ne fonctionnent qu’une seule fois. À partir de ce moment de l’histoire, les différences se font plus nombreuses. En effet, Poucet et ses frères se retrouvent chez l’ogre qui est très menaçant et souhaite les dévorer. Quant à Hansel et Gretel, ils sont tentés par une maison en gourmandises, et sont donc trompés par la méchante sorcière. Les deux morales sont également subtilement différentes. Le Petit Poucet met en avant l’importance de la ruse et l’intelligence, tandis que Hansel et Gretel marque la solidarité entre frères et sœurs, ainsi que la méfiance face aux apparences.  


Extrait du livre Le Petit Poucet

Le Petit Poucet de Charles Perrault


Le Petit Poucet
Il était une fois un bûcheron et une bûcheronne qui avaient sept enfants, tous garçons; l'aîné n'avait que dix ans, et le plus jeune n'en avait que sept. On s'étonnera que le bûcheron ait eu tant d'enfants en si peu de temps ; mais c'est que sa femme allait vite en besogne, et n'en avait pas moins de deux à la fois. Ils étaient fort pauvres, et leurs sept enfants les incommodaient beaucoup, parce qu'aucun d'eux ne pouvait encore gagner sa vie. Ce qui les chagrinait encore, c'est que le plus jeune était fort délicat et ne disait mot : prenant pour bêtise ce qui était une marque de la bonté de son esprit. Il était fort petit, et, quand il vint au monde, il n'était guère plus gros que le pouce, ce qui fit qu'on l'appela le petit Poucet. Ce pauvre enfant était le souffre-douleur de la maison, et on lui donnait toujours tort. Cependant il était le plus fin et le plus avisé de tous ses frères, et, s'il parlait peu, il écoutait beaucoup. Il vint une année très fâcheuse, et la famine fut si grande que ces pauvres gens résolurent de se défaire de leurs enfants. Un soir que ces enfants étaient couchés, et que le bûcheron était auprès du feu avec sa femme, il lui dit, le cœur serré de douleur : " Tu vois bien que nous ne pouvons plus nourrir nos enfants; je ne saurais les voir mourir de faim devant mes yeux, et je suis résolu de les mener perdre demain au bois, ce qui sera bien aisé, car, tandis qu'ils s'amuseront à fagoter, nous n'avons qu'à nous enfuir sans qu'ils nous voient. - Ah! s'écria la bûcheronne, pourrais-tu toi-même mener perdre tes enfants ? "
Son mari avait beau lui représenter leur grande pauvreté, elle ne pouvait y consentir; elle était pauvre, mais elle était leur mère. Cependant, ayant considéré quelle douleur ce lui serait de les voir mourir de faim, elle y consentit, et alla se coucher en pleurant. Le petit Poucet ouït tout ce qu'ils dirent, car ayant entendu, de dedans son lit, qu'ils parlaient d'affaires, il s'était levé doucement et s'était glissé sous l'escabelle de son père, pour les écouter sans être vu. Il alla se recoucher et ne dormit point du reste de la nuit, songeant à ce qu'il avait à faire. Il se leva de bon matin, et alla au bord d'un ruisseau, où il emplit ses poches de petits cailloux blancs, et ensuite revint à la maison. On partit, et le petit Poucet ne découvrit rien de tout ce qu'il savait à ses frères. Ils allèrent dans une forêt fort épaisse, où à dix pas de distance, on ne se voyait pas l'un l'autre. Le bûcheron se mit à couper du bois, et ses enfants à ramasser des broutilles pour faire des fagots. Le père et la mère, les voyant occupés à travailler, s'éloignèrent d'eux insensiblement, et puis s'enfuirent tout à coup par un petit sentier détourné. Lorsque ces enfants se virent seuls, ils se mirent à crier et à pleurer de toute leur force. Le petit Poucet les laissait crier, sachant bien par où il reviendrait à la maison, car en marchant il avait laissé tomber le long du chemin les petits cailloux blancs qu'il avait dans ses poches. Il leur dit donc : " Ne craignez point, mes frères; mon père et ma mère nous ont laissés ici, mais je vous ramènerai bien au logis: suivez-moi seulement. " Ils le suivirent, et il les mena jusqu'à leur maison, par le même chemin qu'ils étaient venus dans la forêt. Ils n'osèrent d'abord entrer, mais ils se mirent tous contre la porte, pour écouter ce que disaient leur père et leur mère. Dans le moment que le bûcheron et la bûcheronne arrivèrent chez eux, le seigneur du village leur envoya dix écus, qu'il leur devait il y avait longtemps, et dont ils n'espéraient plus rien. Cela leur redonna la vie, car les pauvres gens mouraient de faim. Le bûcheron envoya sur l'heure sa femme à la boucherie. Comme il y avait longtemps qu'elle n'avait mangé, elle acheta trois fois plus de viande qu'il n'en fallait pour le souper de deux personnes. Lorsqu'ils furent rassasiés, la bûcheronne dit : " Hélas ! où sont maintenant nos pauvres enfants ? Ils feraient bonne chère de ce qui nous reste là. Mais aussi, Guillaume, c'est toi qui les as voulu perdre ; j'avais bien dit que nous nous en repentirions. Que font- ils maintenant dans cette forêt ? Hélas! mon Dieu, les loups les ont peut-être déjà mangés! Tu es bien inhumain d'avoir perdu ainsi tes enfants ! " Le bûcheron s'impatienta à la fin ; car elle redit plus de vingt fois qu'ils s'en repentiraient, et qu'elle l'avait bien dit. Il la menaça de la battre si elle ne se taisait. Ce n'est pas que le bûcheron ne fût peut-être encore plus fâché que sa femme, mais c'est qu'elle lui rompait la tête, et qu'il était de l'humeur de beaucoup d'autres gens, qui aiment fort les femmes qui disent bien, mais qui trouvent très importunes celles qui ont toujours bien dit. La bûcheronne était tout en pleurs : " Hélas! où sont maintenant mes enfants, mes pauvres enfants! " Elle le dit une fois si haut, que les enfants, qui étaient à la porte, l'ayant entendue, se mirent à crier tous ensemble : " Nous voilà! nous voilà! " Elle courut vite leur ouvrir la porte, et leur dit en les embrassant : " Que je suis aise de vous revoir, mes chers enfants ! Vous êtes bien las, et vous avez bien faim ; et toi, Pierrot, comme te voilà crotté, viens que je te débarbouille." Ce Pierrot était son fils aîné, qu'elle aimait plus que tous les autres, parce qu'il était un peu rousseau, et qu'elle était un peu rousse. Ils se mirent à table, et mangèrent d'un appétit qui faisait plaisir au père et à la mère, à qui ils racontaient la peur qu'ils avaient eue dans la forêt, en parlant presque toujours tous