Extrait du livre Le Pays des Tromignons
Mathieu s’ennuie. Une giboulée glaciale tombe du ciel et le confine à l’intérieur, prisonnier non coupable d’une météo déplorable. En quête de distraction, il ouvre son placard, inspecte ses tiroirs, secoue son édredon. Rien, rien, rien : il a joué à tout, cent fois.
Le garçon s’élance avec espoir vers le grand coffre, gouffre sans fond où il jette, à la fin de chaque journée, les jouets épars qu’il ne sait où ranger. Il farfouille en surface dans le meuble de bois, y trouve figurines, bricolages de papier, gadgets de magazines, pas de quoi s’exciter ! Il plonge en profondeur, les deux bras droit devant. Bien décidé qu’une fois au fond, il résoudra sa quête, le garçon enthousiaste calcule mal son élan et bascule vers l’avant, le corps suivant la tête.
À sa grande surprise, il ne rencontre pas de fond, mais descend plutôt sur trois bons kilomètres, en nageant dans le sol comme une taupe affairée. Il traverse une strate de sable et de poussière, puis voyage à quatre pattes jusqu’au centre de la terre. Le tunnel s’élargit soudain en une vaste caverne. Repaire d’ogres ? De murènes ? Ou de contrebandiers ? Mathieu atterrit sur un sol bosselé.



























