Extrait du livre La lionne qui avait une crinière
La lionne qui avait une crinière de Morgane Stankiewiez et Flokera aux JS éditions
La lionne qui avait une crinière
Lorsqu’un lion grandit, sa crinière pousse. Comme celle de Léo. Elle devient belle, sa crinière. On ne voit plus qu’elle. Elle resplendit et fait plein de jolis frisottis. La tradition veut que tout le monde apporte des présents pour de telles occasions. Alors pourquoi Léo a-t-il l’air si triste, avec autant de cadeaux ?
« Tu es des nôtres » lui dit Albeau aux grands crocs. « Maintenant que tu as une crinière, tu es fort ! » renchérit Iado aux longues oreilles. Pourtant, Léo n’a pas l’impression d’être si différent qu’avant. Oui, il doit maintenant coiffer sa crinière avant de sortir, l’ajuster avant de courir, et puis aussi la peigner avant de dormir... mais au fond de lui, il est toujours le même. En voyant sa grande sœur Chana partir, Léo demande aux autres lions où s’en vont donc les lionnes. « Tu ne le sais pas ? » répond Albeau, étonné. « Elles se préparent pour la chasse. » « La chasse ? » « Oui, la chasse au flocon d’argent. Mais ne t’inquiète pas, tu n’as pas à t’intéresser à ça. C’est une histoire de lionnes... Viens plutôt jouer avec nous. On fait un concours du plus gros rugissement. Et ensuite, on fera peur aux perroquets. » Léo regarde les lionnes, une lueur d’envie dans les yeux. Chasser le flocon d’argent a l’air beaucoup plus intéressant que de pousser des rugissements. D’autant qu’il aime beaucoup passer du temps avec sa grande sœur.
Léo est un peu fatigué. Tout le monde l’a complimenté sur sa crinière, toute la journée. Mais il ne l’aime pas plus que ça, lui, sa crinière. Il préférerait être comme sa sœur. Elle, elle est belle. Et elle n’a pas besoin de crinière pour être la plus forte, la plus courageuse, et la plus admirable des grandes sœurs. Elle rugit bien mieux que lui, en plus. À sa place, elle aurait sûrement gagné le concours de l’après-midi, et il n’y aurait plus un seul perroquet de sortie. À vrai dire, Léo s’est beaucoup ennuyé aujourd’hui. Ce n’est pas que les lions à crinière ne sont pas intéressants, mais il se sent différent. Mais comme il a une crinière, Léo n’a pas le choix : il doit rester avec eux et tout faire comme eux. Qu’il préférerait partir à la chasse au flocon d’argent… Soudain, Léo a une idée !
Mais oui ! Tous ses ennuis viennent de sa crinière. S’il n’en a plus, plus de soucis ! Il n’aura plus besoin de faire des choses de lion, et il pourra partir avec sa sœur ! Léo coupe et taille, taille et coupe ! Qu’il se sent bien à couper ! Que c’est doux de tailler !






















