Extrait du livre La Grande et la Petite
Chaque fois qu’elles montaient la colline, la Petite tendait le doigt vers la montagne. Et elle disait : — Grande, ma Grande, je veux grimper, sur la montagne. De là–haut, je suis sûre que le monde est si beau ! La Grande riait. Et elle disait : — C’est vrai, là-haut le monde est vraiment beau. Mais quand j’y suis allée j’étais déjà très grande. Et elle ajoutait en riant : — Plus tard, tu iras plus tard. Quand tu seras plus grande. Nous avons bien le temps. Et la Petite riait aussi.
Depuis longtemps, La Grande attendait sa petite.
Puis un jour, comme cela vient parfois, la Petite arriva. Elle était ronde, rieuse, espiègle, elle pétillait. La Grande l’adorait.
Chaque matin, quand elles descendaient au jardin, la Petite tendait le bras vers les grands arbres. Et elle disait : — Grande, ma Grande, emmène-moi jusqu’aux arbres là–bas. Je suis sûre que c’est si doux d’y grimper ! La Grande riait. Et elle disait : — C’est vrai, c’est très doux d’y grimper. Mais quand j’y suis allée, tu sais, j’étais beaucoup plus grande. Et elle ajoutait en riant : — Plus tard, tu iras bien plus tard. Quand tu seras plus grande. Nous avons bien le temps. Et la Petite riait aussi.




























